
Ne prenez pas l’habitude. Deux posts en une semaine c’est vraiment beaucoup, surtout pour moi ;p.
Mais j’ai quelques lecteurs, je veux essayer de les nourrir un peu !
Je voulais vous parler un peu de ma vie d’immigrante.
Immigrer, c’est perdre tous ses repaires/(repères… lapsus révélateur…) . C’est reconstruire une vie à partir de rien, et surtout d’accepter que ses propres enfants n’aient pas du tout les mêmes références. L’autre jour, LiliZen était à une fête d’anniversaire au château Ramezay, où ils ont pu visiter le musée historique.
- C’était à quelle époque ? Je demande, curieuse.
- Ben, tu sais, à l’époque de la FRANCE.
- Ah… ? (Si je savais dessiner, je ferais une tête blasée pour ma fille et des yeux ronds pour moi. Je ne sais pas dessiner alors tu devras imaginer.)
Notre pays d’origine est donc devenue une époque, où les femmes faisaient leur beurre elles-même et de la brioche à base de levure de pommes de terre, et où, accroche-toi bien, lecteur, le sucre est en carré ! Ma fille n’avait jamais vu de sucre carré. Et ça l’a vraiment scotchée. (Enfin en Québecois je suppose que je devrais dire scotch-tapée.)
Evidemment on ne prend pas de sucre dans notre café donc on en achète jamais. Pourtant, en France (à l’époque, quoi) j’en achetais tout le temps, c’était normal, pour les invités, la famille. Ça faisait partie des aliments de bases, le sucre en carré.
Bref, tout ça pour dire qu’en arrivant ici, on a changé nos habitudes de consommation, et nos habitudes de vies. Je me rends compte que notre quotidien ne ressemble pas du tout à celui de mon enfance. Bien sûr, ça vient aussi du fait qu’en tant que couple, on amène notre pierre à l’édifice, mais aussi le pays dans lequel on vit qui nous a changé.
Tranches de vies choisies…
Les matins d’hiver. Le stock de vêtements à mettre est déprimant, déroutant. Pantalons de neige obligatoires pour l’école et la garderie (et mitaines, tuques, etc… même le vocabulaire n’est pas le même). On part en luge quand les trottoirs sont encore enneigés.
La boîte à lunch. Ça c’est du dépaysement. On est loin de notre cantine française, où on regardait notre âge dans les verres duralex… Tous les jours c’est le casse-tête pour trouver l’originalité du repas du jour, sans déchet (un petit plus pour l’environnement), bon et qui ne reviendra pas à moitié entamé le soir. (Mais si maman, j’ai mangé deux bouchées !).
Les horaires. Je connais pas grand monde qui embauche à 8 h. Par exemple, l’école c’est 8 h 30-11 h /13h-15h30. Quand on ne travaille pas ça laisse plein de temps pour les activités. Je trouve ça vraiment chouette comme horaires. Ça amène aux horaires de repas qui sont aussi beaucoup plus tôt qu’en France entre 17 h et 18 h 30 suivant les familles (Ha, oui, vous autres, français, vous mangez tard (19h30… )
Le chocolat. A part à Pâques, je ne vois pas beaucoup de chocolat dans les assiettes des petits. Dans les supermarchés en France, le rayon bébé est rempli de trucs au chocolat (céréales, etc…), dès 6 mois. Ici on va donner du jus à un bébé mais pas de chocolat. Nous on a été plates on a rien donné du tout.
Les Chocos BN. Chez moi il y avait toujours un paquet de BN pour le goûter. Ici, il n’y a pas de BN. Du tout. (Bon de toute façon ils ont changé la recette…). Mes enfants ne savent même pas ce qu’est un choco.
L’éducation… j’ai failli ne pas le mettre. C’est un autre sujet ô combien passionnant… Mais je n’ai plus le temps de m’étendre dessus !
La tête dans le quotidien, je me rends compte que je fais rarement des comparaisons France/Québec, c’est un peu trop “maudit français”. Mais cette réflexion sur le sucre carré a ouvert une brèche. Il y a des choses qui me manquent de notre pays, de cette époque (lointaine ?) de mon enfance en France, d’autres pas du tout. Quand je prends le temps de me poser, je me dis que j’ai énormément de chance de vivre ici. Je suis immigrante, et pourtant je me sens chez moi. Et c’est ici(tte) où mes enfants vont grandir et construire leurs propres souvenirs et références.





Tu sais, j’écris. C’était comme une confidence, un truc qui me tenait à cœur. Lui dire que j’écrivais, c’était énorme. Ça faisait au moins 10 ans que je gardais mes pages pour moi et quelques rares élus, si j’osais leur montrer après des semaines de réflexion.